À retenir
- 195 robots pour 10 000 salariés dans l'industrie manufacturière française en 2024, contre 449 en Allemagne : un écart de 1 à 2,3.
- La France a installé 4 900 robots industriels en 2024, en recul de 24 % sur un an : elle passe au 4e rang européen, derrière l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.
- 10 % des entreprises françaises utilisaient au moins une technologie d'IA en 2024 (13 % en moyenne dans l'UE), mais déjà 33 % des entreprises de 250 salariés ou plus.
- 200 000 recrutements par an sont prévus dans la métallurgie : le manque de bras renforce l'intérêt d'automatiser les tâches répétitives.
- Le plan France 2030 (54 Md€, economie.gouv.fr) est développé dans le relevé de contrôle des aides, pas ici.
Cette page rassemble les repères chiffrés utiles à un dirigeant de PME ou d'ETI qui veut situer son entreprise dans la dynamique de l'industrie du futur. Chaque donnée est reliée à sa source primaire : administration, institut statistique, fédération professionnelle ou internationale : avec l'année à laquelle elle se rapporte. Les chiffres se lisent sur deux plans complémentaires : où en est l'équipement physique (densité et installations de robots, IFR) et où en est l'équipement logiciel (adoption de l'IA et des outils numériques). L'enveloppe publique France 2030 (54 Md€) est développée dans le relevé de contrôle des aides.
Investissement public
Le plan France 2030, lancé en octobre 2021, est doté de 54 milliards d'euros : source : economie.gouv.fr : France 2030. L'enveloppe, ses principes et les guichets qui en découlent sont développés dans le relevé de contrôle des 21 dispositifs d'aides.
Robotisation : où se situe la France ?
La densité robotique : le nombre de robots industriels installés pour 10 000 salariés de l'industrie manufacturière : est l'indicateur de référence du niveau d'automatisation physique d'un pays : il rapporte le parc de robots à la taille de la main-d'œuvre, ce qui permet de comparer des économies de tailles très différentes. En 2024, la France figure dans le top 20 mondial, mais reste loin derrière l'Allemagne et en dessous de la moyenne de l'UE.
| Pays / zone | Robots pour 10 000 salariés (2024) |
|---|---|
| Corée du Sud (1er mondial) | 1 220 |
| Singapour | 818 |
| Allemagne (3e mondial) | 449 |
| Japon | 446 |
| États-Unis | 307 |
| Europe de l'Ouest (moyenne) | 267 |
| Union européenne (UE-27) | 231 |
| France | 195 |
| Moyenne mondiale | 132 |
Source : IFR : communiqué World Robotics du 8 avril 2026 (données 2024) ; chiffre France issu du graphique officiel par pays joint au communiqué.
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Série datée : densité robotique française
Les synthèses empilent parfois 163, 180 ou 186 robots pour 10 000 salariés sans dire de quelle année ni de quelle source. Voici les valeurs que cette page peut documenter, et celles qui circulent sans source primaire vérifiée ici.
| Valeur (robots / 10 000 salariés) | Millésime / contexte | Origine sur ce site |
|---|---|---|
| 195 | Données 2024, France | Sourcée : IFR, communiqué du 8 avril 2026 (graphique par pays) |
| 449 | Données 2024, Allemagne (comparaison) | Sourcée : même communiqué IFR |
| 231 | Données 2024, moyenne UE-27 | Sourcée : même communiqué IFR |
| 132 | Données 2024, moyenne mondiale | Sourcée : même communiqué IFR (ne pas confondre avec une densité France d'une autre année) |
| 163 | Attribué à 2021 dans certaines synthèses | Non sourcé ici : aucune source primaire vérifiée sur ce site |
| 180 | Circulant sans millésime clair | Non sourcé ici |
| 186 (« 19e rang mondial ») | Circulant dans des pages tierces | Non sourcé ici |
Règle de lecture : le chiffre de tête de cette page est le flux d'installations 2024 (4 900, −24 %). La densité 195 (IFR, données 2024) reste le repère de comparaison internationale, porté par l'accueil. Les valeurs 163, 180 et 186 sont signalées pour expliquer les contradictions, pas pour être reprises.
Avec 195 robots pour 10 000 salariés, la France est au-dessus de la moyenne mondiale (132) mais 2,3 fois moins robotisée que l'Allemagne (449) et en dessous de la moyenne de l'Union européenne (231). L'Europe de l'Ouest a atteint un record de 267 robots pour 10 000 salariés en 2024 (+3 % sur un an) et place huit pays dans le top 20 mondial, dont la France. Pour comprendre où la robotisation crée de la valeur dans une PME, voir le pilier robotique industrielle.
La France dans la dynamique mondiale des installations
La densité décrit un stock ; les installations annuelles décrivent un flux : c'est l'indicateur qui révèle si un pays accélère ou ralentit. Et là, le signal français de 2024 est un signal de prudence. Selon la fédération internationale de robotique, 4 900 robots industriels ont été installés en France en 2024, en recul de 24 % par rapport à l'année précédente. La France recule ainsi à la 4e place européenne, dépassée par l'Espagne, derrière l'Allemagne et l'Italie.
| Marché | Robots installés en 2024 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Monde | 542 000 | −2 % vs record 2022 |
| Chine | 295 000 (54 % du total mondial) | record historique |
| Europe | 85 000 (dont 67 800 dans l'UE) | −8 % |
| Allemagne (1er européen) | 26 982 | −5 % |
| Italie | 8 783 | −16 % |
| Espagne | ≈ 5 100 | en hausse |
| France | 4 900 | −24 % |
Source : IFR : World Robotics 2025 (communiqué du 25 septembre 2025, données 2024).
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Dans le monde, 542 000 robots ont été installés en 2024 : la deuxième meilleure année de l'histoire, à 2 % seulement du record de 2022, et le parc en service a franchi 4,66 millions d'unités (+9 % sur un an). La géographie de la demande est très concentrée : l'Asie représente 74 % des nouvelles installations, l'Europe 16 % et les Amériques 9 %. À elle seule, la Chine pèse 54 % des déploiements mondiaux et a dépassé le seuil des 2 millions de robots en service.
Pour une PME française, le repli des installations en 2024 reflète d'abord un cycle d'investissement attentiste, alors même que la diffusion mondiale de la technologie continue de faire baisser les coûts d'entrée, d'élargir l'offre de cobots et d'étoffer le réseau d'intégrateurs. Robotiser au moment où le marché ralentit, c'est souvent négocier dans de meilleures conditions. Le split cobot / robot industriel (57 040 unités mondiales en 2023, 10,5 % d'un dénominateur de 541 302) figure sur cobot, pas dans ce baromètre. L'IFR ne publie pas la densité cobot France ; 195 vs 449 porte sur l'ensemble des robots industriels.
Le tissu industriel français
L'industrie française emploie 3,4 millions de salariés (en équivalent temps plein, données 2023). L'emploi y est très concentré : grandes entreprises et ETI emploient ensemble 69 % des salariés de l'industrie, alors qu'elles ne représentent qu'une fraction du nombre d'entreprises. À l'inverse, les PME et microentreprises forment l'immense majorité des structures industrielles mais pèsent moins d'un tiers de l'emploi : un déséquilibre qui explique pourquoi les politiques de modernisation ciblent en priorité la montée en compétence numérique des plus petites.
| Catégorie d'entreprise | Nombre (2023) | Part de l'emploi industriel |
|---|---|---|
| Grandes entreprises | 112 | 34 % |
| Entreprises de taille intermédiaire (ETI) | 2 077 | 35 % |
| PME (hors microentreprises) | ≈ 25 000 | 23 % |
| Microentreprises | ≈ 295 000 | 7 % |
Source : Insee Première n° 2084 : Les entreprises industrielles en 2023 (publié en décembre 2025).
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Côté poids économique, l'industrie manufacturière représente environ 11 % de la valeur ajoutée en France, contre 21 % en Allemagne (données 2020, méthode des tableaux ressources-emplois) : un écart qui résume l'enjeu de réindustrialisation. Cet écart de poids économique se retrouve, on l'a vu, dans l'écart de densité robotique : les deux indicateurs racontent la même histoire d'un appareil productif à moderniser.
Source : Blog de l'Insee : Combien pèse l'industrie en France et en Allemagne ? (juillet 2024).
Adoption de l'IA dans les entreprises
L'adoption de l'intelligence artificielle progresse vite mais reste minoritaire : en 2024, 10 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus déclaraient utiliser au moins une technologie d'IA, contre 6 % un an plus tôt : soit une progression de deux tiers en douze mois. La France reste cependant en retrait de la moyenne européenne (13 %), et l'écart entre petites et grandes entreprises se creuse nettement.
| Périmètre | Entreprises utilisant au moins une technologie d'IA (2024) |
|---|---|
| France : ensemble (10 salariés ou plus) | 10 % (contre 6 % en 2023) |
| Moyenne Union européenne | 13 % |
| France : 10 à 49 salariés | 9 % |
| France : 50 à 249 salariés | 15 % |
| France : 250 salariés ou plus | 33 % |
Source : Insee Première n° 2061 : Les TIC dans les entreprises en 2024 (enquête européenne Eurostat, publiée en juillet 2025).
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les grandes entreprises ont pris le virage : une sur trois utilise déjà l'IA), l'essentiel des PME pas encore. Cet écart de 9 % à 33 % entre les plus petites et les plus grandes structures dessine très exactement le terrain de jeu de la modernisation à venir : c'est dans les PME et les petites ETI que se trouve le réservoir de progression. Les cas d'usage les plus accessibles : traitement des commandes, des devis, des factures : sont détaillés dans le pilier IA & automatisation logicielle.
Emploi et compétences
Le facteur limitant de la modernisation passe aussi par la main-d'œuvre, au-delà du capital : la métallurgie prévoit 200 000 recrutements par an, à tous les niveaux de qualification. Cette tension durable sur les compétences : pénurie de soudeurs, d'usineurs, de techniciens de maintenance : est l'un des arguments économiques les plus solides en faveur de l'automatisation des tâches répétitives, administratives comme physiques. Automatiser ne consiste pas ici à remplacer des emplois introuvables : cela consiste à recentrer des équipes sous tension sur les tâches où elles font la différence.
Source : UIMM : La Fabrique de l'Avenir. Consulté en juin 2026.
Lecture d'ensemble : que disent ces chiffres ?
Pris ensemble, ces repères dessinent une situation cohérente. La France dispose d'un appareil industriel significatif (3,4 millions de salariés) mais sous-pondéré dans l'économie (11 % de la valeur ajoutée) et sous-équipé par rapport à ses voisins, tant en robots (195 contre 449 outre-Rhin) qu'en logiciels d'IA (10 % contre 13 % dans l'UE). Face à cet écart, la puissance publique mobilise le plan France 2030 (54 Md€, développé dans le relevé des aides), pendant qu'une tension structurelle sur la main-d'œuvre (200 000 recrutements annuels dans la seule métallurgie) rend l'automatisation non plus optionnelle mais nécessaire. Le retard est réel ; il est aussi, vu autrement, le potentiel de rattrapage le plus élevé d'Europe de l'Ouest.
Relevés de prix datés
Deux relevés catalogue du 24 septembre 2026 complètent ce hub : GMAO, médiane 2 694 €/an pour 5 techniciens (8 grilles en euros), et logiciel QHSE, médiane 2 808 €/an pour une PME (5 suites publiques). Abonnements seuls, hors mise en route ; marchés publics DECP en recoupement seulement.
Questions fréquentes
Quelle est la densité robotique de la France, et comment se situe-t-elle face à l'Allemagne ?
La France compte 195 robots industriels pour 10 000 salariés de l'industrie manufacturière (données 2024, IFR). C'est au-dessus de la moyenne mondiale (132) mais en dessous de la moyenne de l'Union européenne (231) et 2,3 fois moins que l'Allemagne (449). La Corée du Sud arrive en tête de la densité IFR, avec 1 220 robots pour 10 000 salariés.
Combien de robots industriels la France installe-t-elle chaque année ?
4 900 robots industriels ont été installés en France en 2024, un recul de 24 % sur un an qui fait passer le pays au 4e rang européen, derrière l'Allemagne (26 982 installations), l'Italie (8 783) et l'Espagne (environ 5 100). Ce repli traduit un cycle d'investissement attentiste, alors que le marché mondial reste proche de son record.
Combien d'entreprises françaises utilisent déjà l'intelligence artificielle ?
En 2024, 10 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus déclaraient utiliser au moins une technologie d'IA, contre 6 % un an plus tôt. La moyenne européenne s'établit à 13 %. L'écart de taille est net : 9 % des entreprises de 10 à 49 salariés, 15 % de 50 à 249 salariés, et 33 % au-delà de 250 salariés.
Combien pèse l'industrie dans l'économie française ?
L'industrie française emploie 3,4 millions de salariés en équivalent temps plein (données 2023) et représente environ 11 % de la valeur ajoutée, contre 21 % en Allemagne (données 2020). L'emploi y est très concentré : grandes entreprises et ETI en rassemblent 69 %, alors que PME et microentreprises forment l'immense majorité des structures.
À combien s'élève le plan France 2030 ?
54 milliards d'euros, source economie.gouv.fr. L'enveloppe, ses principes et les guichets qui en découlent sont développés dans le relevé de contrôle des aides, pas sur cette page.
Pourquoi la pénurie de main-d'œuvre est-elle un argument pour automatiser ?
La métallurgie prévoit 200 000 recrutements par an, à tous les niveaux de qualification. Face à une pénurie durable de soudeurs, d'usineurs et de techniciens de maintenance, automatiser les tâches répétitives ne remplace pas des emplois introuvables : cela recentre des équipes sous tension sur les tâches où elles font la différence.
Ces repères situent l'effort ; ils ne disent pas par où commencer. Pour en discuter à partir de votre situation, écrivez-nous en quelques lignes.